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Portrait d’élue : Nathalie Lallier, maire de Paray-Vieille-Poste

« En politique, les femmes sont tenues de faire preuve d’une compétence sans faille »

Entrée au conseil municipal de Paray-Vieille-Poste en 2001, Nathalie Lallier en a été élue maire en juin 2019. Un cas rare de transmission et de passage de relais entre le maire qui ne souhaitait pas se représenter et celle qu’il a choisie pour lui succéder. Cette prise de fonction permet ainsi à Nathalie Lallier d’être à la meilleure place pour mener la campagne à venir. Un beau parcours, preuve d’un investissement dans la durée et la reconnaissance de ses compétences à cette place. Et pour une femme, faire reconnaître ses compétences est parfois une tâche ardue.

Nathalie Lallier en est convaincue : « Le droit à l’erreur n’est pas possible quand on est une femme en politique. On est beaucoup plus exigeant avec les femmes qu’avec les hommes. » Conséquence, elles réalisent un travail de fond pour maitriser les dossiers et creuser tous les aspects du sujet. Et elles démontrent ainsi toute leur légitimité. Cette exigence professionnelle entraîne de fait une montée en compétences des édiles. Et donc consolide la confiance qui lie les Français à leur maire.

Rôle modèle

Élue depuis 18 ans, Nathalie Lallier a également fait bouger les lignes auprès de la population, assez conservatrice, de Paray-Vieille-Poste. Plusieurs habitantes l’ont remerciée et encouragée à donner plus de place aux femmes « vous allez faire ce qu’on n’a jamais fait ». C’est à dire être consciente d’avoir des choses à dire et à faire, de pouvoir faire changer la société et d’être convaincue d’être à sa place. Un conseil pour les femmes intéressées par un engagement dans la vie publique ? Osez ! Lancez-vous ! Vous avez des qualités à faire valoir, un regard sur la société et une écoute qui sont nécessaires. Allez-y !

Si les 3 filles de Nathalie Lallier ne sont pas engagées en politique, elles ont été élevées dans l’idée que pour une femme, tout est possible. Indépendantes, elles revendiquent leur intégrité et leurs choix de vie.

Nathalie Lallier est accompagnée par le cabinet Expertiss pour structurer son équipe et sa campagne en vue des prochaines élections. Pour en savoir plus sur notre proposition spéciale pour les municipales, contactez-nous.

Le discours d’investiture de Nathalie Lallier et la la lettre de démission d’Alain Védère sont disponibles ici.

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Portrait. Reine Lepinay, co-présidente de Elles Aussi

– Reine Lepinay, , pouvez-vous vous présenter rapidement ?
Après des études en économie à l’Université Lyon 2, j’ai enseigné dans des écoles de management et marketing. Sensibilisée par l’engagement citoyen de mes parents, je me suis très vite engagée dans des associations et en politique ? Dès 1992, j’ai participé aux élections régionales puis aux municipales à Ecully en 2001,2008 et 2014. Concernant la parité, depuis la révision constitutionnelle de 1999 et la loi du 6 juin 2000, je n’ai eu de cesse de démontrer tout l’intérêt de faire marcher côte à côte femmes et hommes dans la gestion collective locale et nationale.

– Vous êtes co-présidente du réseau national Elles Aussi, quelle est l’origine de ce mouvement ?

Elles aussi, a été fondée en 1992 par six associations féminines* et par Muguette Dini élue à Ecully, vice-présidente du Conseil Général puis sénatrice du Rhône de 2004 à 2014.
Le concept de Parité né au sein même du conseil de l’Europe, a connu un grand succès auprès d’associations de femmes qui se sont mobilisées à partir de la décennie 90. Il a diffusé progressivement une nouvelle approche des rapports femmes/hommes. C’est une prise de conscience partagée par des femmes de plus en plus nombreuses : le féminisme des années 70 n’a pas réussi à faire voler en éclats tous les carcans, préjugés et normes d’une société patriarcale, en particulier dans la sphère politique. La loi sur la parité de 2000 a été perçue par certains politiques comme une illustration de politique de discrimination positive, alors qu’il fallait comprendre que les femmes ne représentaient pas une minorité mais bien la moitié de la population française.

Ce qui caractérise le réseau Elles aussi c’est la réunion d’associations de femmes d’origines très diverses, autour d’un objectif commun : promouvoir la parité dans toutes les instances élues pour construire une démocratie paritaire aboutie. Pourquoi une telle énergie à promouvoir la parité ? Parce que la démocratie a une dette vis à vis des femmes et elle s’est longtemps déclinée au masculin. En 1795 les femmes ont été exclues officiellement de la citoyenneté politique laissant le champ libre aux hommes qui vont s’identifier au peuple citoyen. En 1848 le suffrage universel ignore encore les femmes. Il a fallu attendre 1944 pour que leur soit accordé le droit de voter et 2000 pour que la constitution autorise un égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et aux fonctions électives. La parité dans toutes les assemblées politiques est le moyen pour aboutir à une démocratie aboutie où les femmes aussi légitimes que les hommes participent à l’organisation d’une société plus juste et plus responsable.

– Vous êtes également engagée au CIDFF (centre d’information du Droit des Femmes et des Familles), d’où vient cet engagement pour les droits des femmes ?

J’ai toujours ressenti un décalage entre mes désirs d’engagement tant professionnels que politiques, et ce qu’autorisait la société dans laquelle je vivais. J’appartiens à une génération ou, à l’université, les filles étaient trop souvent là pour faire une rencontre et construire une famille. Moi j’étais là pour étudier et préparer mon avenir professionnel. J’entends encore ma mère me dire : « tu dois être indépendante financièrement, c’est le prix de ta liberté ». J’ai souvent entendu des remarques culpabilisantes lorsque j’ai continué à travailler après la naissance de mes deux filles. Les remarques ont redoublé lorsque j’ai ajouté à mon travail un engagement associatif et un mandat de maire adjointe.

Tout au long de ma vie de femme, j’ai essuyé des remarques sexistes et plus je me rapprochais de responsabilités importantes et plus elles redoublaient. Comme si une ligne rouge était tracée pour circonscrire le rôle des femmes à des engagements sociaux et/ou familiaux.

Mon engagement auprès des CIDFF est complémentaire à celui auprès du réseau Elles aussi. C’est la rencontre avec la présidente du CIDFF du Rhône, Camille Simonet, qui a été décisive. Elle m’a fait découvrir les difficultés des femmes au quotidien dans notre région. J’ai mesuré tout l’intérêt de mener de front l’assistance aux femmes (information de leurs droits, soutien pour acquérir leur autonomie professionnelle, financière, aide aux victimes de violences) et la nécessité de faire évoluer la loi pour qu’elles puissent être dans les assemblées politiques locales et nationales et participer aux choix sociétaux au même titre que les hommes. Aider les femmes à retrouver leur dignité, se former professionnellement est indispensable pour ensuite revendiquer leur juste place dans les institutions politiques.

Vous avez été élue locale, qu’est-ce que cette expérience vous a appris ?

J’ai été élue de 2001 à 2014 à Ecully. Cette expérience m’a convaincue de l’impérieuse nécessité de donner aux femmes toute leur place dans les conseils et exécutifs locaux. Les choix d’organisation de la vie communale (mobilité, transports, voierie, urbanisme, écoles, crèches…) ne peuvent être pertinents que si les deux genres peuvent s’exprimer et faire valoir leur points de vue en fonction de leur vécu.

En 2001, les hommes de ma génération n’étaient pas ouverts au principe de parité et beaucoup d’entre-deux ne comprenaient même pas la définition de ce principe. Pour un grand nombre d’hommes, les femmes n’avaient pas les qualités requises pour revendiquer un mandat électoral, étaient légitimes dans la sphère domestique mais illégitimes dans la sphère politique. La loi sur la parité de 2000 a contribué à mon élection, dans cette commune de plus de 18 000 habitants, mais il fallait une sacrée dose de distanciation pour ne pas se décourager face aux remarques d’incompétence ou de culpabilité qui étaient alors d’une grande banalité. Choix des délégations, place sur la liste, prise de parole … le sexisme ordinaire s’exprimait à tous les niveaux.

– Qu’est-ce que les femmes apportent de différent dans la vie politique ?

Les femmes apportent leur singularité, mais il ne doit pas y avoir de deuxième sexe au sens où il existerait une hiérarchie entre les genres. Les femmes représentent 52,3% des électeur.rice.s inscrit.e.s sur les listes électorales en 2019. Et pourtant elles sont sous représentées à l’Assemblée nationale, au sénat, dans les conseils et exécutifs intercommunaux et dans les communes de moins de 1000 habitants ! En conséquence la sous-représentation des femmes joue contre leurs intérêts qui ne sont pas prioritaires, quand les assemblées exécutives majoritairement masculines traitent des demandes des citoyens. Leur présence peut influer sur les enjeux locaux et nationaux. Pour construire la société de demain, plus humaniste, plus respectueuse de l’environnement, plus juste entre les citoyen.nes, pour leurs enfants et petits-enfants elles ont un devoir d’engagement politique. Le sujet n’est pas de savoir si elles gèrent mieux ou moins bien que les hommes. Le sujet est qu’elles sont susceptibles d’apporter des solutions à des problématiques qui relèvent de leur identité féminine, ceci afin de rétablir un équilibre dans les demandes publiques des femmes et des hommes. C’est pour cela que les élections municipales de 2020 offrent aux femmes une opportunité pour s’exprimer, agir, et déployer leur énergie et leurs compétences, et qu’Elles aussi a mis en place un plan d’action pour plus de femmes aux commandes : plan de promotion, soutien et accompagnement pour les aider à prendre leur place dans cet engagement électoral des municipales de 2020.

– Les femmes ne s’autorisent pas toujours à s’engager, par crainte de ne pas pouvoir « tout gérer » ou par manque de sentiment de légitimité. Que leur diriez-vous pour les inciter et les rassurer ?

D’abord qu’elles ont un devoir d’engagement politique pour faire avancer leurs droits et être actrices d’une démocratie plus juste et d’une société plus équilibrée dans les rapports femmes/hommes. Leur légitimité est totale. Elles sont des citoyennes à part entière et elles ne doivent pas s’autocensurer. Elles ont autant de capacités que les hommes à se saisir des affaires publiques. De plus l’exercice d’un mandat est toujours enrichissant, il se traduit par de nouvelles expériences et acquisitions de nouvelles compétences. L’engagement politique nécessite parfois une redistribution des tâches et des rôles au sein de la famille et de mettre en place un nouvel équilibre dans les responsabilités de chacun. Un engagement politique national ou local est avant tout une belle aventure humaine ou on apprend beaucoup de soi et des autres.

– Quels sont selon vous les progrès majeurs à accomplir en matière de droits des femmes en France et particulièrement dans la vie politique ?

Des progrès économiques : une égalité salariale, et des perspectives de promotion identiques à celles des hommes et là pour avancer il faut s’appuyer sur des lois qui instaurent progressivement la parité dans les entreprises. Avec la loi Copé-Zimmermann de 2011, les femmes ont fait une entrée remarquée dans les conseils d’administration mais il est vrai qu’elles restent minoritaires dans les comités exécutifs véritables lieu de décision dans les entreprises.

Des progrès dans la lutte contre le sexisme en particulier par l’éducation dès le plus jeune âge dans les écoles avec une valorisation des acquis dans ce domaine.

Des progrès dans la lutte contre les violences faites aux femmes : Il n’est pas acceptable que notre société tolère un féminicide tous les deux jours. Dans ce registre il est urgent de continuer à légiférer pour augmenter la prise en charge de la sécurité des femmes y compris dans l’espace public. Répression, éducation et aide aux victimes doivent être les trois piliers des lois à mettre en œuvre.

Des progrès indiscutables dans la représentation des femmes dans les institutions politiques : Il convient de faire voter des lois qui imposent la parité dans toutes les institutions politiques, limitent le cumul des mandats et instaurent un statut de l’élu.e. pour l’ensemble des élu.e.s. C’est tout le programme d’Elles aussi depuis sa création.

– Que vous inspire la situation internationale sur le plan du droit des femmes ?

La situation internationale des femmes doit nous alerter et susciter la plus grande vigilance. Les oppressions contre les libertés des femmes sont multiples et nous observons des retours en arrière, même dans les pays « développés ». Prenons l’exemple des Etats-Unis ou plusieurs Etats remettent en cause l’IVG par des lois liberticides pour les femmes. Pourtant l’IVG est autorisé dans ce pays depuis 1973 ! Non rien n’est définitivement acquis ! C’est aussi le cas en Irlande, en Pologne mais aussi en Italie. Cette liberté de disposer de son corps est la première des libertés des femmes aussi faut-il être en alerte sur toute tentative de régression.

Partout où se met en place un régime autocratique et liberticide, ce sont les droits des femmes qui sont en premier lieu attaqués. Mais partout , les femmes se mobilisent contre les violences spécifiques qu’elles subissent et pour résister aux atteintes aux droits humains: Brésil, Argentine, USA, Inde, Afrique,…Nous, femmes françaises et européennes, là où les droits des femmes sont les plus avancés, avons la responsabilité de les soutenir partout dans le monde. C’est aussi ce que fait Elles aussi, à son niveau, pour la parité politique. Son engagement porte l’espoir d’une démocratie juste et attentive à la situation des femmes et de là avertie, pour réduire les inégalités de tous ordres, sociales, ethniques, liées au sexe ou à l’orientation sexuelle.

*l’ACGF (Action Catholique Générale Féminine), l’Alliance des Femmes pour la Démocratie (AFD), la FACM (Fédération des Associations des Conseillères Municipales et Femmes élues), Femmes d’Alsace, Grain de Sel Rencontres, l’UFCS (Union Féminine Civique et Sociale).

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Portrait d’élue. Sylvie d’Alguerre, conseillère régionale Grand-Est.

« La politique autrement, sans écraser les autres, c’est pour la génération suivante ! »

Ça n’a pas été simple de passer d’un mandat d’adjointe au maire en milieu rural à celui de conseillère régionale. Pas tant par la quantité et la complexité des dossiers, car dans sa vie professionnelle, Sylvie d’Alguerre avait déjà montré ses capacités de travail et d’investissement. Mais ce qui a été compliqué, c’est de siéger avec des professionnels de la politique. En majorité des hommes bien entendu, qui semblent avoir baigné et travaillé toute leur vie dans le sérail, en connaissent tous les codes, les chausse-trappes et les raccourcis. Et qui, pour certains, ne sont pas très enclins à partager le pouvoir et les dossiers ni à accompagner avec bienveillance les nouveaux arrivés. D’où chez certains des nouveaux élus.es le sentiment de ne pas être légitimes. Or quoi de mieux qu’une élection pour être légitime ? Sylvie d’Alguerre a eu besoin de temps pour se considérer véritablement comme une femme politique, pour acquérir la confiance en soi indispensable face à certains collègues ou interlocuteurs plus aguerris. Beaucoup d’investissement personnel, de travail, de volonté, de ténacité et un accompagnement avec Expertiss lui ont permis d’acquérir ce sentiment de légitimité qui manquait. L’approche d’Expertiss est de faire prendre confiance aux élu.es, de leur permettre d’identifier leurs atouts et d’utiliser leur personnalité comme une force relationnelle. Et d’apporter un œil extérieur bienveillant et professionnel qui permet d’avancer. « C’est salvateur d’avoir quelqu’un à côté qui dit que je suis utile » dit Sylvie d’Alguerre.

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Portrait d’élue : Pascale Lacour, adjointe au maire de Saint-Étienne.

« Expertiss m’a donné les clés pour tenir mon rôle d’élue »
Le virus de la politique est entré chez Pascale Lacour pendant la campagne des municipales de 2014. Cette commerçante stéphanoise a d’abord tenu la permanence de campagne de Gaël Perdriau, le futur maire, puis s’est de plus en plus impliquée dans l’organisation des rencontres et réunions publiques. Pour cette amoureuse des contacts humains et des échanges, ça a été une révélation ! Tout est ensuite allé très vite : Pascale est aujourd’hui adjointe au maire notamment en charge du commerce et du centre-ville. Sa fonction d’élue est un travail à temps complet, les soirées, les week-ends y sont aussi consacrés.

Sans passé de militante ni connaissance particulière du monde politique, il a fallu que Pascale apprenne à la vitesse grand V les codes de cet univers. Sa forte personnalité et ses qualités relationnelles l’ont bien aidée. Mais son coaching avec Christelle Fouchet a été une étape importante qui lui « a changé la vie ». Que ce soit dans la prise de parole en public, dans la gestion de son image ou dans la conduite de ses projets, le coaching a permis à Pascale Lacour de gagner en efficacité et en confiance. Savoir choisir les mots qui vont marquer l’auditoire tout en restant soi-même, construire une argumentation formalisée sans renier sa spontanéité, prendre la mesure de toutes les dimensions de sa fonction, gérer son image et son langage non verbal … le coaching a porté sur les différentes facettes de la fonction d’élue.

Selon Pascale Lacour, cette session de formation avec Expertiss lui a permis de mieux gérer sa parole en public et de gagner en professionnalisme. « C’est mon spin doctor privé » dit-elle, avant de souhaiter pouvoir poursuivre sa formation avec Christelle Fouchet.

Pour découvrir le programme de formations dédiés aux élu.es, contactez Christelle Fouchet coach et fondatrice d’Expertiss, organisme agréé par le ministère de l’Intérieur.

Tel : 06 28 66 01 65

cfouchet@expertiss.fr

www.expertiss.fr